Conseil national du 18 juin : intervention de Vincent Tison sur la Loi Travail

Tweetez 0 Partagez 0 +1 Pinterest LinkedIn 0 Email Samedi 18 juin, au Conseil national, Vincent Tison a abordé la question du projet de loi Travail. « Mes chers camarades, comme l’a très bien dit tout à l’heure notre ami Guillaume Bachelay, les temps sont effectivement très troublés. L’heure est difficile, les extrêmes droites montent partout en Europe, […]

22 juin 2016

Samedi 18 juin, au Conseil national, Vincent Tison a abordé la question du projet de loi Travail.

« Mes chers camarades, comme l’a très bien dit tout à l’heure notre ami Guillaume Bachelay, les temps sont effectivement très troublés. L’heure est difficile, les extrêmes droites montent partout en Europe, et nous avons dans notre propre pays des exemples très récents d’une violence acharnée. Face à cela, le camp de la gauche est lui très divisé. Un syndicalisme émietté, une gauche elle-même remontée les uns contre les autres.

Alors le chemin est qui devant nous,
c’est celui de provoquer l’unité, de construire l’unité,

Valérie vient de le dire. La primaire est l’outil pour cela, l’outil du débat entre nous, du combat contre la droite. Il nous appartient ensemble d’en faire des primaires ouvertes, loyales et justes. Nous nous y retrouvons parce que depuis toujours, on a jamais pensé qu’il y avait un candidat forcément par nature, qui serait un candidat imposé.

La culture de la gauche,
c’est bien celle de la démocratie, du débat et enfin de la délibération collective.

Le second sujet qui est aussi devant nous, ce sont les conclusions que l’on tire de la haute autorité qui s’est réunie et qui propose des recommandations. C’est une période difficile effectivement pour le secrétariat national, et en particulier pour le premier secrétaire. Nous avons devant nous un débat qui n’était pas forcément inscrit à l’ordre du jour, mais qui appelle trois sujets politiques.

Le premier, la délibération qui nous est soumise, cette motion, elle reviendrait à avaliser en fait le projet de loi El-Khomri dans sa deuxième version. C’est un problème politique parce qu’il ne figurait forcément ni dans les soixante engagements présidentiels, mais assurément pas non plus dans notre ligne collective, dans la motion A que nous avons très largement adoptée. Et le projet de loi, même en sa version 2, contredit nettement ce projet de rétablissement de la hiérarchie des normes que nous avions inscrit page 28 de la motion A, et qui est le corpus majoritaire de la ligne du Parti socialiste.

Problème donc de majorité en interne, mais aussi problème de majorité politique dans le pays. On sent bien qu’il y a eu le recours à une arme constitutionnelle, que certains préfèrent le 49- 3, mais qui n’est pas dans la culture de la gauche.

Et puis, il n’y a pas de majorité sociale.

Il y en avait une, la CGC a changé d’opinion dans son congrès. Nous avons donc aujourd’hui un texte qui est minoritaire dans le camp social de ce pays. Nous ne pouvons pas nous résigner à adopter la version telle qu’elle est encore aujourd’hui.

Et puis, cela reviendrait aussi, du coup, à entériner qu’on ne parlerait qu’à une partie du monde syndicale de ce pays, la CFDT, que l’on apprécie beaucoup, l’UNSA qui s’engage, la CFTC aussi. Mais quid des autres ? Quid de la confédération générale du travail qui s’est opposée au candidat Sarkozy le 6 mai 2012? Quid aussi de Force ouvrière que nous connaissons aussi pour ses engagements de progrès ? Donc, on ne peut pas parler qu’à une partie de la gauche sociale, qu’à une fraction du monde syndical.

Et puis, je terminerai là-dessus, le plus problématique, c’est que la recommandation qui nous est soumise sous-entend en fait la mise en œuvre du 49-3. Elle sous-entend la mise en œuvre du 49-3 parce qu’on parle déjà de sanctions qui seraient disponibles à utiliser. Et on ne peut aujourd’hui, à l’étape qui est la nôtre, avant le retour du débat à l’Assemblée nationale, déjà engager le choix d’une tension au sein du groupe, et surtout la menace face à une motion de censure de sanctions que nous reviendrions à adopter.

Nous, nous souhaitons que nous continuions les débats qui ont commencé, à améliorer le texte. Le nœud du texte, c’est l’article 2. Retournons sur cet article-là, travaillons pour rétablir la hiérarchie des normes, tel que nous nous y sommes engagés, travaillons à améliorer encore plus le texte que nous avons aujourd’hui. Bref, agissons pour un compromis fort avec toutes les organisations syndicales, au sein du parti, parce que commençons à nous unir entre nous pour ensuite unir la gauche et unir les Français. Si tel n’était pas le cas, si le texte était maintenu, nous voterions contre cette délibération. »