Congrès de Poitiers : intervention de Pierre Cohen

Retrouvez l’intervention de Pierre Cohen, Président de la FNESER le 6 juin 2015 lors du congrès de Poitiers du Parti Socialiste

6 juin 2015

Mes chers amis, mes chers camarades, le Premier ministre nous l’a dit tout à l’heure, nous sommes entrés dans la seconde phase du quinquennat. Ce deuxième temps a été l’objet essentiel de nos débats et de nos motions. En effet, tout le monde s’accorde à dire que nous devons poursuivre des efforts, mais qu’il est grand temps que nos concitoyens retrouvent ce qu’ils sont en droit d’espérer, c’est-à-dire des retombées des politiques publiques.

D’abord sur l’emploi, mais aussi sur les services publics rénovés comme l’éducation, la santé. Depuis 2012, les collectivités territoriales ont été à de nombreux titres les instruments, les artisans de la transformation et du changement que nous avons voulu. Depuis 2012 les collectivités ont aussi participé à l’effort de redressement de nos comptes publics, avec une baisse des dotations de l’État de 11 milliards d’euros dans les budgets des collectivités entre 2014 et 2017. Cela n’est pas facile, car l’effort demandé est important, ce qui nous est demandé doit l’être trop rapidement.

Si cela conduit à des effets positifs, je ne cesserai jamais de le rappeler, c’est quand même une baisse importante des investissements. Et nous le savons, les collectivités territoriales sont à elles seules 75% des investissements publics. Sans cette capacité d’investissement, les collectivités ne seront pas en mesure d’accompagner les priorités de ce quinquennat. Dans le même temps, un effort de 41 milliards d’euros a été décidé en faveur des entreprises à travers le CICE.

tive en 2004. Des déficits publics qui n’ont cessé de se creuser, une dette qui n’a cessé d’augmenter. Pas étonnant dès lors que nous ayons quelque mal à mettre en œuvre cette grande politique sociale qui, pourtant, doit être la marque de fabrique des socialistes.

Chers camarades, si nous voulons répondre aux attentes des Fran- çais, il est un préalable incontournable, il faut d’abord commencer par redresser l’économie française. Si la plupart des entreprises françaises ont décroché par rapport aux entreprises étrangères, tant sur le marché intérieur que sur les marchés extérieurs, c’est parce que leurs marges ont été pendant trop longtemps les plus basses en Europe.

Et faute de ces marges, nos entreprises, et en particu- lier nos PME, n’arrivaient plus à investir ni dans l’inno- vation, ni dans la qualité. Alors c’est cette situation-là, mes chers camarades, que nous sommes en train de redresser.

Et je conclurai, puisqu’on invoquait Jaurès, relisez le discours des deux méthodes. Il y avait déjà présent le socialisme de la réforme, c’était celui de Jau- rès, qui disait que dans la République, on pouvait franchir un certain nombre de pas. Et puis il y avait face à lui les théoriciens de l’abstrait qui disaient tout dans le verbe, mais étaient incapables de faire quelque chose dans les faits. Soyons le socialisme de la réforme, celui qui répond aux aspirations des Français.