Congrès de Poitiers : intervention de Jean-Marc Germain

Retrouvez l’intervention de Jean-Marc Germain, député des Hauts-de-Seine, le 6 juin 2015 à l’occasion du congrès de Poitiers du Parti Socialiste

6 juin 2015

D’un samedi à l’autre, quel contraste ! À La Villette, on s’est écharpé, déchiré, on a scandé : République! Quand chaque discours n’était que rejet de l’autre.

À Poitiers, on travaille, on débat pour la France, la justice et le progrès. Avec une grande ambition, un fait inédit pour un parti de gouvernement. Les uns et les autres nous nous sommes attelés à une tâche audacieuse, écrire la deuxième page du quinquennat.

Nous aurions pu regarder au loin, préparer le projet de 2017 en oubliant d’aller au bout de celui de 2012. Nous savons que si nos idées ne vont pas au bout, elles auront le destin des feuilles mortes. Le plus dur est fait, nous savons où nous voulons aller. Prendre le bon chemin, c’est d’abord réaffirmer ce que nous sommes : nous sommes des sociaux-démocrates. Nous sommes épris de liberté, mais savons que le libéralisme, même social, c’est le libéralisme sans le social. Être social-démocrate, c’est ne pas laisser les marchés invisible prendre la place des hommes.

C’est croire à la hiérarchie des normes, c’est croire à un État fort, capable de répondre aux inspirations individuelles dans le cadre de protections collectives. C’est aussi réinventer la social-démocratie qui doit réinventer la place des corps intermédiaires et des représentants sociaux, mais c’est aussi faire la place à toute la société civile. Syriza, Podemos, c’est une exigence de renouvellement, de citoyenneté, et elle doit revenir au cœur de notre parti.
Prendre le bon chemin, c’est honorer la promesse de 2012. François Hollande avait annoncé aux Français un quinquennat inversé par rapport au précédent.

Nous ne sommes pas au bout du rétablissement de l’économie. La réponse que nous avons tous apportée, le président de la République a réaffirmé que l’étape du progrès social sera la prochaine étape du quinquennat. Les contreparties aux entreprises, nous avons le devoir de relever le défi écologique, de la troisième révolution industrielle qui est celle du numérique et le défi des territoires qui se sentent oubliés de la République.

Nous sommes progressistes mais nous sommes aussi socialistes. Être socialiste, c’est vouloir l’égalité sans laquelle il n’y a ni liberté ni émancipation. Nous avons défini douze chantiers de l’égalité : l’école, les territoires, la parité, etc., nous devons nous y atteler.

L’égalité, c’est aussi la réforme fiscale. Nous devons la faire. Au nom du nécessaire soutien au pouvoir d’achat, au nom de la justice sociale, chacun contribue en fonction de sa capacité. Au nom aussi de la nécessaire réconciliation des Français avec l’impôt.

L’impôt, c’est le ciment de l’État social, s’il le premier est remis en cause, c’est le second qui sera ébranlé. La justice, c’est le compte pénibilité. Je disais : le compte pénibilité sera certainement la réforme dont je serai le plus fier, mais nous devons aller jusqu’au bout.

L’égalité, c’est aussi l’égalité devant la justice. Je souhaite que, en ce qui concerne les prud’hommes on garde le principe de la réparation.

Et un sujet qui me tient à cœur, beaucoup d’entre vous on travaillé au sein du Parti socialiste, c’est cette grande sécurité sociale professionnelle que nous devons bâtir. À la Libération, le programme du Conseil national de la Libération avait prévu cinq branches, on en a réalisé quatre. Maintenant, nous devons nous atteler à la sécurité sociale professionnelle, c’est-à-dire permettre à chacun de progresser tout au long de sa vie, pouvoir s’épanouir dans son travail, permettre aux chômeurs d’aller vers une formation.

Je dirais que le plus dur reste à faire, parce que nous avons un rendez-vous très important, nous au Parti socialiste, au Parlement, au gouvernement, qui est celui que nos paroles d’aujourd’hui se transforment en actes de demain.

Il faudra changer notre organisation, débattre dans notre parti en amont des grands projets de loi, il faudra ressouder la gauche et faire ce contrat de majorité que nous appelons de nos vœux, et notre premier secrétaire pourra compter sur nous autour de lui. Alors au travail, pour réussir le quinquennat, pour reconquérir le cœur des Français, pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui !