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En décembre dernier, nous sommes nombreux à nous être rassemblés, au sein de Réussir, pour nous atteler à une tâche audacieuse : écrire la deuxième page du quinquennat. 

9 juillet 2015

Nous aurions pu simplement regarder au loin et détourner notre regard du quotidien. Nous avons refusé cette facilité parce que nous savons que si nos idées n’ont pas de prise sur le quotidien, elles auront le destin des feuilles mortes : balayées!
 
Alors nous avons travaillé et débattu pour la France, pour son développement, pour la justice et pour le progrès. Nous l’avons fait dans le débat public, lors des États Généraux puis du Congrès du Parti Socialiste.

Ce travail a été fructueux. Un cap a été fixé, et nous y avons grandement contribué ensemble. Nous savons où est le bon chemin pour les mois qui viennent.

– Prendre le bon chemin, c’est booster les investissements publics pour muscler la croissance et relever les trois défis de notre temps : défi écologique, défi numérique qui est la 3ème révolution industrielle, défi des territoires qui se sentent aujourd’hui oubliés de la République. Des marges financières existent dans les dizaines de milliards d’aides aux entreprises (Pacte, CICE), qu’il est possible de mieux cibler sur les entreprises qui en ont réellement besoin.

– Prendre le bon chemin, c’est remettre l’égalité au cœur de notre action. Nous sommes épris de liberté, mais nous savons qu’elle ne peut être réelle sans l’égalité, car ne resterait alors que le libéralisme. L’égalité passe par l’école, les territoires, le travail, la lutte contre les discriminations, la laïcité, la justice, la parité femmes/hommes dans tous les domaines de la société mais également par le compte pénibilité qu’il faut appliquer dans les délais et avec la portée originelle.

L’égalité, c’est la réforme fiscale. Nous l’avons mainte fois annoncée, nous devons la faire pour le soutien au pouvoir d’achat, pour la justice sociale qui rime avec progressivité de l’impôt, et pour réconcilier les français avec l’impôt ciment de l’Etat social. Quand le premier est contesté, c’est le second qui est ébranlé. 
 
Et l’égalité, bien sûr, c’est le grand chantier de la sécurité sociale professionnelle dont nous avons l’ambition de faire une 5eme branche de la protection sociale. Le programme du CNR dont nous commémorons le 70ème anniversaire prévoyait 5 branches. Famille, retraites, maladie, accidents du travail, quatre ont vu le jour. Il est temps, grand temps d’achever l’édifice.

– Prendre le bon chemin, c’est enfin affirmer sans ambiguïté ce que nous sommes : des sociaux-démocrates. Pour nous, le social-libéralisme est une impasse, car nous savons qu’à la fin il ne resterait que le libéralisme, la finance, sans le social. 

Etre social-démocrate veut dire que c’est aux femmes et aux hommes de décider de leur destin, et non à la main invisible du marché. C’est aussi croire en la hiérarchie des normes : la loi protège les plus faibles mais ne les entrave pas comme lorsqu’elle préserve le repos dominical, le CDI ou les IRP, le droit de licenciement ou les institutions représentatives du personnel. C’est vouloir un Etat fort, pas un Etat qui décide de tout mais un Etat moderne, stratège, décentralisé, capable de répondre aux aspirations individuelles. C’est encore une exigence de citoyenneté faisant la part belle aux corps intermédiaires, une société attentive à chacun mais demandant à chacun d’être attentif aux autres.

Voilà le chemin. C’est au fond honorer la promesse 2012. D’abord le redressement, mais ensuite la redistribution. Les Français ont consenti beaucoup d’efforts depuis deux ans. Il est temps qu’ils en récoltent les fruits. Une nouvelle étape du quinquennat doit s’ouvrir, faite de réformes qui riment avec progrès économique, social et écologique. Le plus dur reste à faire : que nos paroles se transforment en acte.
 
Alors, au travail !
 
Pour réhabiliter la parole publique. 
Pour réussir le quinquennat. 
Pour reconquérir le cœur des Français.  
Pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. 

Martine Aubry